Aménager son pré

Une clôture
qui tient vraiment.

Une clôture à chevaux ne retient pas un cheval par la force. Un cheval de 500 kg lancé passe à travers à peu près tout. Elle le retient parce qu'il la voit, qu'il la respecte, et qu'il n'a aucune raison de la traverser. Tout le reste découle de là.

Les chiffres, et d'où ils viennent

Hauteur : 1,37 m à 1,52 m (54 à 60 pouces). C'est la recommandation de Penn State Extension, et la raison est précise : le haut de la clôture doit arriver à hauteur de garrot, ce qui empêche un cheval de basculer par-dessus. Les grands chevaux et les races qui sautent demandent davantage.

Garde au sol : 20 cm (8 pouces). Assez pour qu'un sabot ne reste pas coincé sous la lisse basse, assez peu pour ne pas donner envie d'aller chercher l'herbe dessous. Avec des poulains, jamais plus de 30 cm : au-delà, un poulain qui se roule passe dessous.

Le portail se place au milieu d'une ligne, pas dans un angle, et à 12 à 18 m d'une route. Un cheval qui sort par un portail mal placé se retrouve sur la chaussée avant d'avoir compris.

Ce qui fait consensus partout

Pas de fil barbelé. Sur ce point personne ne discute, éleveurs compris. Penn State le résume d'une phrase : ce qu'on économise sur une clôture bon marché mais dangereuse finit payé en frais vétérinaires. Un cheval emmêlé dans du barbelé se débat, ce qui aggrave tout.

Le cheval doit voir la clôture. Le cheval a une vue de loin et balaie l'horizon : un fil fin, sombre et tendu lui est invisible, et c'est exactement ce qui coupe. C'est pour cette raison qu'on ajoute des lisses ou des rubans larges sur les clôtures en fil.

Les angles s'arrondissent. Dans un pré à plusieurs, un cheval dominé poussé dans un angle n'a nulle part où aller. Arrondir un coin coûte trois piquets et évite des blessures de bousculade.

L'électrique, et pourquoi il cesse de piquer

Deux causes reviennent presque toujours : la végétation qui touche le fil et le décharge, et une prise de terre insuffisante.

La terre est la moitié du circuit, et c'est celle qu'on néglige. Le repère donné par les services agricoles est net : au moins 90 cm de piquet de terre par joule de puissance de l'électrificateur, avec plusieurs piquets espacés d'environ 3 m et reliés entre eux. Un seul piquet planté dans un sol sec ne suffit pas, et c'est ce qui explique la plupart des clôtures qui « ne marchent plus » l'été.

Un testeur coûte le prix d'un sac de granulés. C'est moins cher que de découvrir le problème en retrouvant un cheval sur la route.

Ce qui dépend de votre situation

Bois, ruban, corde, lisse électrique : le choix dépend du terrain, du budget, du nombre de chevaux et de leur caractère. Un cheval qui a appris à sortir jeune ne se contient pas comme un cheval qui n'a jamais essayé.

L'espacement des piquets dépend du relief et du vent, et les sources américaines ne donnent volontairement pas de chiffre pour cette raison. Un pré en pente ou exposé en demande plus qu'un pré plat, et c'est l'hiver suivant qu'on le découvre si on a compté trop juste.

Enfin la réglementation locale existe : bordure de route, chemin communal, voisinage. Renseignez-vous en mairie avant de poser, pas après.

Questions

Ce qu'on nous demande.

Peut-on garder un barbelé existant en le doublant d'un fil électrique ?

C'est ce que font beaucoup de gens qui héritent d'un pré agricole, et ça réduit le risque sans le supprimer : le cheval ne s'approche plus, mais le barbelé est toujours là le jour où il passe quand même. C'est une étape, pas une solution.

Faut-il couper le courant la nuit ?

Non. Une clôture éteinte est une clôture que le cheval teste, et un cheval qui réussit une fois recommence. La régularité fait plus que la puissance.

Combien de temps avant qu'un cheval respecte une clôture électrique ?

Souvent quelques jours, parfois une seule rencontre. Mais un cheval qui n'en a jamais vu ne comprend pas ce qui vient de se passer : on le laisse découvrir en le surveillant, plutôt que de le lâcher dans un pré inconnu et de partir.

D'où viennent les chiffres

Les sources.

Une partie de ces travaux vient de services agricoles universitaires américains, qui mesurent ce que personne ne mesure ici. Les ordres de grandeur se transposent, les prix et les usages pas toujours : c'est dit dans le texte à chaque fois que ça compte.

Les autres guides

À lire aussi.

Nourrir au pré

Distribuer le foin sans le gâcher

Sans râtelier, 57 % d'une balle ronde est perdue : les chiffres mesurés par l'université du Minnesota, le temps de rentabilité d'un râtelier, et les pièges pour un cheval ferré.

Bien-être du cheval

Un cheval qui doit vivre seul

Le cheval est grégaire : l'isolement n'est jamais neutre, et la recherche le montre. Ce qui limite les dégâts, ce qui doit alerter, et ce qu'on ne peut pas promettre.