Ce que fait un dentiste équin
Il examine la bouche, puis il nivelle : les dents du cheval poussent toute sa vie et s'usent l'une contre l'autre. Comme la mâchoire du haut est plus large que celle du bas, les bords extérieurs des dents du haut et intérieurs de celles du bas ne s'usent pas. Il s'y forme des pointes, parfois coupantes, qui blessent la joue et la langue.
Le geste principal consiste donc à râper ces surtouts, à la main ou à la râpe motorisée, et à rétablir un contact régulier entre les tables dentaires. S'y ajoutent le contrôle des dents de loup, des crochets, de l'usure asymétrique, et l'examen des incisives.
Un cheval au travail est vu une fois par an dans la plupart des écuries. Un jeune cheval en train de faire ses dents, un cheval âgé dont les dents s'épuisent, ou un cheval qui a un problème identifié se voient plus souvent.
Qui a le droit de le faire, en France
C'est le point à connaître, parce qu'il est souvent flou dans les écuries. Les soins dentaires sur un cheval sont un acte encadré par le code rural. Un vétérinaire peut tout faire. Un intervenant non vétérinaire ne peut exercer que dans le cadre prévu par la réglementation, et une partie des actes lui reste interdite.
En pratique, tout ce qui touche à la sédation, à l'extraction d'une dent, à la prescription et à l'anesthésie relève du vétérinaire, sans exception. Or beaucoup d'interventions dentaires se font sur cheval tranquillisé : c'est alors un vétérinaire qui pose la sédation, même si le geste dentaire est fait par quelqu'un d'autre.
Demander à un intervenant sa qualification et son cadre d'exercice n'est ni agressif ni méfiant. C'est une question normale, et un professionnel sérieux y répond sans détour.
Les signes qui doivent alerter
Le cheval qui laisse tomber des boulettes de foin à demi mâchées, qu'on appelle des bouchons, est le signal le plus lisible. Viennent ensuite le cheval qui mange lentement, qui perd de l'état sans raison, qui a une haleine forte, ou qui bave d'un seul côté.
Au travail, les signes sont plus discrets et souvent mis sur le compte du caractère : une tête qui se lève, une résistance toujours du même côté, un cheval qui ouvre la bouche ou passe la langue par-dessus le mors. Ce n'est pas systématiquement dentaire, mais la bouche est le premier endroit à faire regarder avant d'accuser le dressage.
Ce qu'un dentiste équin ne fait pas
Il ne remplace pas un examen vétérinaire. Une bouche douloureuse peut cacher une fracture de dent, un abcès, une sinusite, et ces situations demandent un diagnostic, souvent une radiographie.
Il ne règle pas non plus un problème de mors ou de main du cavalier. Une bouche saine sous une main dure reste une bouche qui se défend.