Ce que fait un bit fitter
Il regarde la bouche avant de parler de matériel : largeur entre les barres, hauteur du palais, épaisseur de la langue, place disponible. Deux chevaux de même taille n'ont pas la même bouche, et un mors de 13,5 cm peut être large pour l'un et juste pour l'autre.
Il fait ensuite essayer, souvent plusieurs modèles au cours d'une même séance, monté, parce qu'une bouche au repos et une bouche au travail ne disent pas la même chose. Beaucoup travaillent avec une malle d'essai, c'est la partie la plus utile de la prestation.
Il vérifie enfin le réglage : hauteur de la muserolle, place du mors dans la commissure, tension de la têtière. Un bon mors mal réglé redevient un mauvais mors.
Quand y penser
Un cheval qui secoue la tête, tire la langue, passe au-dessus de la main, encense, se défend d'un seul côté, ou refuse le contact sans raison apparente. Ce sont des motifs fréquents, et le mors n'est qu'une des causes possibles.
Au moment d'un changement : passage du filet au mors de bride, reprise du travail après un arrêt, jeune cheval qui change de bouche en perdant ses dents de lait entre trois et cinq ans.
Ce qu'un bit fitter ne fait pas
Il ne soigne pas la bouche. Une plaie, une dent de loup, un surdent, une commissure abîmée relèvent du dentiste équin ou du vétérinaire, et l'examen doit être fait avant, pas après. Un bon bit fitter refusera de travailler sur une bouche blessée.
Il ne règle pas un problème de main. Un cheval qui se défend à cause d'une main dure ne changera pas d'avis parce qu'on a changé le métal. C'est souvent la conversation la plus utile, et la plus délicate, de la séance.
Il ne remplace ni le saddle fitter ni l'ostéopathe. Un dos qui fait mal se manifeste très souvent dans la bouche : chercher la cause du bon côté fait gagner du temps et de l'argent.