Ce que ça gâche vraiment, en chiffres mesurés
Balle ronde posée au sol, sans râtelier : 57 % de perte. Plus de la moitié. Avec un râtelier, la même étude descend à 5 à 33 % selon le modèle, les plus efficaces étant ceux qui empêchent le cheval d'enfoncer la tête dans la balle.
Petites bottes : 13 % sans râtelier, contre 5 % avec un râtelier classique, 3 % avec un panier et 1 % avec un modèle à barreaux. Les mêmes chercheurs ont calculé le temps de rentabilité : 9 à 12 mois, au prix du foin américain de l'époque.
Détail qui compte : sur douze semaines, les chevaux nourris sans râtelier ont PERDU du poids quand ceux nourris au panier ou au râtelier en ont pris. Le foin gâché n'est pas seulement du foin perdu, c'est du foin qui n'a pas été mangé.
Le principe : ralentir, pas rationner
Un cheval au pré mange par petites quantités pendant quinze à dix-huit heures par jour. Son estomac est fait pour ça. Un tas avalé en deux heures puis douze heures de jeûne, c'est le contraire de son fonctionnement.
L'intérêt d'un râtelier ou d'un filet n'est donc pas seulement d'économiser : c'est d'étaler le repas. C'est aussi ce qui occupe un cheval qui s'ennuie.
Ce qui blesse, et qu'on ne voit pas venir
Un filet à portée de sabot avec des chevaux ferrés. C'est l'accident classique : le cheval gratte, le fer accroche la maille, il tire. La règle donnée par les spécialistes du sujet est nette : avec un cheval ferré, un filet ne se pose jamais au sol, il se suspend hors de portée du pied. Les bacs rigides à trous sont plus sûrs dans ce cas.
Un bac au sol dont les ouvertures laissent entrer un sabot. Même cause, autre objet : on regarde un râtelier en se demandant ce qui peut se coincer dedans, pas s'il est joli.
Le foin trop haut. Manger la tête levée fait tomber poussière et graines dans les yeux et les naseaux. La position naturelle est tête basse, et c'est aussi celle qui draine les voies respiratoires.
À plusieurs : un seul point de distribution ne suffit jamais
Dans un troupeau, le dominant garde le foin. Avec un seul point, le dernier de la hiérarchie mange les restes, et ça se voit sur son état en février.
La règle que donnent la plupart des écuries : autant de points que de chevaux, plus un, et assez éloignés pour qu'un cheval ne puisse pas en surveiller deux à la fois.
Ce qui dépend de votre situation
Les chiffres ci-dessus viennent d'études américaines, sur du foin et des prix américains. Les ordres de grandeur du gaspillage se transposent, la rentabilité en mois dépend du prix de votre foin.
Abrité ou non : du foin mouillé moisit, et un cheval qui trie du foin moisi en mange moins. Un râtelier couvert coûte plus cher et se rentabilise vite en région humide.
Quant à la quantité, personne ne peut vous la dire à distance. C'est pour ça qu'Horsalia propose de relever ce que votre cheval consomme réellement, mois par mois, plutôt qu'un calcul théorique à partir de son poids.